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« A Toulon, l’immobilier a toujours montré de bonnes performances »

Publié le 16 avril 2015

Rencontre avec Maître Cornillac, notaire toulonnais pour évoquer la situation tendue de l’immobilier à Toulon, mais aussi l’état de santé de la profession, chahutée par les lois Macron et Alur.

Avec des taux très bas et une baisse des prix des biens, avez-vous constaté une augmentation des actes liés à cette situation ?

Nous entendons parler d’un frémissement de l’activité. Pour l’instant, nous ne sentons rien au niveau de l’étude. Il y a toujours un décalage entre la signature d’un compromis et la signature d’un acte. En règle général, décembre et juillet sont de bons mois. Le 1er trimestre 2015 est mauvais.

Quel est votre point de vue sur la situation immobilière à Toulon ?

La situation n’est pas bonne à Toulon. Les taux bas et la baisse de prix dans certaines zones auraient dû engendrer un regain d’activité. Ce n’est pas le cas. Cependant, la baisse des prix n’est pas générale. A Toulon, certaines zones profitent de leur bel emplacement comme le front de mer au détriment de la vieille ville.

L’immobilier reste-t-il encore une valeur refuge ?

Je suis partisan du « oui ». Sur des décennies, à Toulon, l’immobilier a toujours montré de bonnes performances. Même si on assiste à un effritement de la valeur de l’immobilier ces dernières années. Ce n’est pas pour rien que les plus values sont taxées à 34,5% par l’Etat.

Comment se positionnent les toulonnais vis-à-vis de l’immobilier ?

Les gens en ont assez. La fiscalité est écrasante. Il y a une forme de lassitude. Les placements locatifs sont parfois lourds : la fiscalité, les nouvelles lois, les loyers impayés, les démarches avec les locataires, etc. Certaines personnes pensaient acheter pour améliorer leur vieillesse. Finalement, ils ont déchanté et décident souvent désormais de vendre pour plus de tranquillité et profiter de la vie.

Comment se porte la profession ?

La profession est inquiète. Les revenus sont en baisse et on ne sait même pas qu’elle sera notre futur. Quand on veut, comme la loi Macron, faire croire aux gens qu’ils vont payer des actes moins chers, c’est un mensonge. C’est le contraire qui se passera. Ce serait dramatique pour le contribuable français et pour notre profession. Particulièrement, les jeunes notaires qui se sont installés.

Y-a-t-il une évolution du métier ?

La dématérialisation apporte un vrai plus mais la force de notre métier c’est l’acte authentique. Les gens affirment encore qu’ils ont confiance en leur notaire. Cela prouve qu’il y a un vrai lien.

Vous parlez de confiance, justement est-ce qu’elle n’est pas mise à mal lorsqu’il s’agit de payer les actes ?

C’est peut-être un reproche à faire aux notaires de manquer de clarté au sujet de la tarification. Alors que la réalité est tout autre. Sur un acte de vente à 8% environ, seulement 0,825% reviennent à l’étude et le reste à l’Etat et aux collectivités. Il y a un véritable effort d’information à faire auprès des particuliers.

iBOX © Nicolas Solomas