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«Les vendeurs qui s’engageront dans des travaux auront beaucoup plus de chances de vendre à Toulon »

Publié le 09 juillet 2015

À l’occasion de la publication du 16e Observatoire du Moral Immobilier Logic-Immo-TNS Sofres, Stéphanie Pécault, responsable études chez Logic-Immo.com revient sur les derniers enseignements de cet outil précieux pour mieux comprendre le marché immobilier.

Quel est l’objectif de l’Observatoire du Moral Immobilier ?

Stéphanie Pécault : Beaucoup d’études sont réalisées auprès des français, mais l’Observatoire du moral immobilier est la seule étude qui suit l’opinion des candidats à l’accession. Trois fois par an, nous prenons le pouls des acquéreurs immobiliers afin de détecter les tendances du point de vue de la demande et d’identifier les éventuels points bloquants. Après 5 ans d’existence, l’Observatoire nous permet désormais de suivre l’évolution des personnes qui ont un projet d’achat dans l’année.

Quels sont les principaux enseignements de ce 16e observatoire du Moral Immobilier ?

S.P. Nous avons une demande qui reste stable alors que les acquéreurs n’ont jamais été aussi enthousiastes sur les conditions du marché. De leur point de vue, plusieurs indicateurs sont ou passent au vert: les taux d’intérêt qui ont crevé les planchers, des prix qui devraient rester stationnaires et un environnement économique qui s’adoucit. Mais si les conditions sont bonnes, reste à trouver le bon bien. Principal frein à l’accession actuellement. La plupart des acquéreurs ont du mal à trouver le bien qui leur permettent de concilier coup de cœur, prix juste et pas de gros travaux.

Quelles sont les principales différences avec l’édition précédente ?

S.P. La 16e vague est dans le prolongement des tendances que nous avions observées en début d’année: des conditions très favorables à l’acquisition, mais un choix de biens perçus comme limité par la majorité. L’offre et la demande sont équilibrés mais les biens à la vente ne correspondent pas forcément aux attentes des acquéreurs.

Peut-on appliquer ces enseignements à la ville de Toulon ?

S.P. L’Observatoire du moral immobilier apporte un éclairage sur la perception des acquéreurs et les tendances générales du marché. Aussi disparates que soit les marchés locaux comme celui de Toulon, on retrouve des dénominateurs communs: des acquéreurs boostés par des taux ultra attractifs mais confrontés à la difficulté à trouver un bien qui leur convienne. Reste après la spécificité de chaque ville, de chaque quartier. La connaissance du marché toulonnais est entre les mains des professionnels de l’immobilier. Et aussi instructif que soit l’Observatoire du moral immobilier, il ne saurait se substituer à ce savoir. Faire appel à un agent immobilier a toute sa légitimité encore aujourd’hui.

La légère remontée des taux d’emprunts agit-elle dès à présent sur le moral des acquéreurs ?

S.P. Cette remontée des taux d’emprunt n’avait pas été anticipée par les acquéreurs immobiliers en avril. Près de 80% des candidats à l’accession n’attendait pas d’augmentation des taux avant 6 mois. Si l’annonce d’une remontée des taux pourrait dans un premier temps accélérer les projets en cours, à terme cette hausse asphyxiera un marché encore fragile et elle se répercutera sur les prix. Reste donc à être précis sur l’augmentation des taux et à mettre en perspective cette hausse au regard de ce que nous avons connu par le passé. En octobre 2012, la Banque de France rapportait un taux de 3,99% pour les crédits nouveaux à l’habitat. On en est encore très loin…. Notre étude est un moyen de sensibiliser les médias à la prudence de leur interprétation et de leurs effets d’annonces qui peuvent parfois être alarmistes pour les candidats à l’accession.

Baisse de prix, travaux, homestaging… les vendeurs sont-ils prêts à faire des efforts pour vendre plus rapidement leurs biens à des acquéreurs toujours plus exigeants ?

S.P. La question des travaux est un élément crucial pour de nombreux acquéreurs: un peu plus de la moitié ne sont pas prêts à se lancer dans de gros travaux même si l’offre est intéressante. Pourtant, seuls 2% des revendeurs sont prêts à engager des travaux de rénovation (toiture, électricité, etc.). Même pour des travaux d’embellissement et de décoration, 60% des revendeurs n’envisagent pas ce type de travaux pour vendre dans de meilleures conditions. Et ce, en dépit du succès des émissions de TV qui présentent les miracles du homestaging. Contrairement aux pays anglo-saxons, les travaux sont souvent perçus comme à la charge de l’acheteur en France.

Quelles leçons peuvent tirer les vendeurs de cette photographie du moral des acquéreurs ?

S.P. L’un des enseignements clés de cette dernière vague de l’Observatoire est que les vendeurs qui s’engageront dans des travaux, ne serait-ce que de décoration et d’embellissement, auront beaucoup plus de chances de vendre dans de meilleurs délais et dans de meilleures conditions. Ceci est d’autant plus vrai, qu’ils se démarqueront par rapport aux autres biens proposés sur le marché, la culture du homestaging étant encore peu ancrée dans les mœurs françaises.
© iBox Nicolas SOLOMAS