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IMMOPTIMISME : Le secteur immobilier ne va pas rester confiné !

Publié le 16 avril 2020

Le haut niveau de transactions immobilières, avec près d’un million de ventes en 2018 et plus d’un million en 2019, soit des volumes annuels encore jamais atteints, place ce segment d’activité dans les meilleures dispositions pour affronter la crise, résister et lui survivre. Professionnel expérimenté du secteur, Guillaume Bessudo étaye son optimisme.

 

> Outre la très bonne conjoncture immobilière enregistrée avant la pandémie de coronavirus et le confinement, quels sont les facteurs « salutogènes » qui permettent de croire à une résistance élevée ?

 

Guillaume Bessudo : « Les cinq piliers historiques de la vente immobilière sont les naissances, les divorces, les décès, les mariages, les mutations professionnelles. Même en période de crise grave, comme celle, économique et financière de 2007/2008 dite des « subprimes » et qui a duré plusieurs années, nous avons eu la confirmation que le niveau de transactions incompressibles sur cette base dépassait les 700 000 par an ».

 

> Peut-on les qualifier en quelque sorte d’anticorps de la branche en cas d’attaque ?

 

Guillaume Bessudo : « Exactement, et le corps, justement, joue un rôle à plusieurs titres… En effet, si l’on en croit les statistiques agrémentées d’analyses comportementales des confinés, les deux premiers piliers (naissances et divorces) devraient connaître une certaine embellie dans les mois qui viennent. Partant du principe que l’adversité est un révélateur, cette période inédite de confinement est susceptible, sans aller jusqu’à parler d’un nouveau baby boom, d’engendrer (…) un pic de naissances, tandis que ce rapprochement forcé provoque malheureusement d’ores et déjà une augmentation des violences conjugales d’un autre côté, que les autorités essaient de juguler, y compris avec des numéros d’appel d’urgence. En corollaire : séparations et divorces à profusion. Des éléments individuels et/ou cumulés fortement générateurs de fluidité immobilière. Même réflexion pour les mariages ou les constitutions de couples. On sait la place grandissante des sites de rencontres à travers les réseaux sociaux, eux-mêmes en expansion. On peut considérer raisonnablement que les célibataires, d’avant, de pendant et d’après la crise, auront passé suffisamment de temps en ligne sur ces sites et ces réseaux pour trouver l’âme sœur. On peut en tout cas leur souhaiter. Au-delà de ce vœu de bonheur et de « l’effet libération » causé par le déconfinement, même progressif, cette envolée potentielle des concubinages, voire des mariages, sera inévitablement source de projets immobiliers ».

 

> Conjointement aux données conjoncturelles, il y a celles plus récurrentes des décès, dont la montée en puissance fait tristement l’actualité…

 

Guillaume Bessudo : « C’est incontestablement le facteur triste de la mobilité immobilière, qui constitue une part importante des ventes. La circulation des biens va dans le contexte actuel s’accélérer compte tenu des décès qui frappent en première ligne nos anciens, mais pas seulement. Nous avons la douloureuse expérience de cette surmortalité par le passé, à la faveur de la canicule de 2003 et de la grippe H1N1 en 2009. Chaque période dramatique de cette nature entraîne inéluctablement une augmentation des mises en vente dans le cadre successoral. En outre, s’agissant des mutations professionnelles, elles aussi déclencheuses de mobilité immobilière, rien n’indique qu’elles seront remises en cause ou différées durablement… ».

 

> What else, pour terminer l’argumentation ?

 

Guillaume Bessudo : « Nous avons donc cinq voyants au vert et ouverts sur les piliers historiques de la transaction immobilière, auxquels il est pertinent d’ajouter (entre autres arguments déterminants) que :

- la (les) bourse(s) ont plongé en quelques semaines,

- le gouvernement a caressé l’idée, envoyée comme une bouteille à la mer pour sonder l’opinion, de ponctionner quelque 10% de l’épargne des Français afin d’éviter le surendettement de l’Etat (!),

- nombre de parisiens vivent un confinement pour le moins « confiné », dans des appartements de petite taille et sans extérieur. Certains vont franchir le pas d’une bi-résidence, prioritairement dans notre belle région ensoleillée,

- la structure économique et sociale de notre région, Provence Alpes Côte d’Azur, de notre département, le Var, mais aussi de notre métropole, Toulon Provence Méditerranée, contient plus qu’ailleurs de bons amortisseurs de crise, au regard de la présence massive de fonctionnaires, territoriaux et d’Etat, notamment de militaires, de retraités, bref, de salariés moins pénalisés en temps (et en sortie) de crise,

- malgré une légère remontée des taux de prêt, néanmoins toujours historiquement bas, les conditions sont ainsi réunies pour perpétuer, voire développer, un marché immobilier actif, sain, équilibré, qui demeure plus que jamais, en cette période de légitime inquiétude, une valeur refuge*.


(Que) Vive l’immobilier à Toulon ! 

 

Guillaume Bessudo

 

* Refuge : lieu où l’on se réfugie pour échapper à un danger